La traduction automatique : une réelle menace pour le traducteur professionnel ?

By / 3 September 2017 / Professional translation

La valeur du marché des logiciels de traduction automatique pourrait être multipliée par quatre d’ici à 20192. Une progression qui soulève à nouveau la question de l’avenir de la traduction humaine et de la place du traducteur professionnel face à la machine.

 

Le traducteur professionnel délaissé face aux technologies de traduction automatique en plein essor

Selon les prévisions d’une étude publiée en octobre 2014 sur le marché des logiciels de traduction, le marché global de la traduction automatique, estimé à $1,6 milliards en 2012, atteindrait les $6,9 milliards d’ici à 20192.

 

La principale raison de cette croissance se trouve dans la volonté toujours plus grande des entreprises d’assoir leur présence à l’international. En effet, nombreuses sont les entreprises qui s’appuient sur les outils de traduction automatique pour traduire leur site internet et atteindre un public plus vaste au lieu de faire appel à un traducteur professionnel. La traduction automatique trouve également son intérêt auprès des entreprises pour analyser l’opinion de leurs utilisateurs : avec l’avènement des réseaux sociaux, les consommateurs ont désormais le pouvoir de faire et défaire la réputation d’une entreprise avec un simple commentaire. Les principaux réseaux sociaux disposent d’ailleurs d’une fonctionnalité de traduction automatique permettant à leurs utilisateurs de traduire instantanément une publication, un commentaire ou tweet.

 

La croissance du marché de la traduction automatique est également soutenue par le développement des applications mobiles. Les applications de traduction vocale qui permettent aux voyageurs de se faire comprendre à l’étranger existent depuis quelques années déjà et ne cessent de s’améliorer : après Google, c’est au tour de Microsoft de lancer récemment une application capable de détecter et de traduire le texte sur des images3. La traduction dans la poche, accessible partout, à tout moment, oui, mais une traduction d’appoint qui reste largement perfectible.

 

L’humanité : l’atout majeur du traducteur professionnel

Si les technologies derrière la traduction automatique ont fait des progrès considérables ces dernières années, il semblerait que le traducteur professionnel ait encore de beaux jours devant lui et qu’il nous faille encore attendre un bon moment avant de pouvoir franchir les barrières de la langue équipé d’une simple oreillette.

 

On a tous en tête au moins un exemple de traduction automatique au résultat catastrophique. Dernièrement, c’est le Premier Ministre canadien Justin Trudeau qui en a fait les frais lors de son intervention à la Maison Blanche5 : la chaîne de télévision chargée de retranscrire à l’écran le discours en français du Premier Ministre a choisi d’avoir recours à un outil de traduction automatique couplé à de la reconnaissance vocale. Les sous-titres ainsi générés étaient pour le moins surprenants !

 

 

Mais pourquoi même les outils de traduction automatique les plus performants font des erreurs qu’aucun traducteur professionnel ne ferait ?

 

 « En réalité, une langue renferme des nuances que les ordinateurs ne pourront jamais apprendre à interpréter. » 1
Arbesú, “Could the Language Barrier Actually Fall Within the Next 10 Years?”, New Republic

 

Si les développeurs d’outils de traduction automatique cherchent sans cesse à améliorer leurs systèmes en combinant des notions de règles linguistiques et de statistique, il manque à ces outils une capacité essentielle à la traduction : celle d’interpréter. La traduction va bien au-delà du fait de remplacer un mot par son équivalent dans une autre langue, il s’agit de traduire du sens. Pour cela, l’Homme a besoin d’appréhender de nombreux éléments, tels que l’intention de l’auteur, les références culturelles ou  encore les nuances de registre linguistique. Contrairement au traducteur professionnel, l’ordinateur, lui, n’est pas capable de comprendre ces éléments qui font le propre de la communication humaine.

 

 « Les traductions générées par des machines […] ne sont que des coquilles vides sans l’intervention humaine. » 4
Alonso, “Translators vs. Machines – Does automatic translation pose a serious threat to translators?”, The Open Mic

 

Aujourd’hui, la traduction automatique est encore bien loin de remplacer le traducteur professionnel, dont la capacité d’interprétation, les connaissances et l’expérience – aussi bien personnelle que professionnelle – sont le gage d’une traduction de qualité professionnelle. À l’avenir, la traduction automatique ne pourrait-elle pas être considérée comme un outil au service du traducteur professionnel,  plutôt qu’une menace ?

 

 

Mytranslation est une agence de traduction professionnelle en ligne qui met en relation directe des clients avec une communauté de plus de 1 500 traducteurs professionnels freelance à travers le monde. Tous nos traducteurs sont des professionnels qualifiés et natifs qui traduisent exclusivement vers leur langue maternelle et en maîtrisent avant tout toutes les subtilités et la culture qui l’entoure. Mytranslation, c’est la garantie d’une traduction humaine de qualité professionnelle.

 

 

Sources :

1 https://newrepublic.com/article/132148/language-barrier-actually-fall-within-next-10-years

2 http://www.marketresearchstore.com/report/language-translation-software-market-shares-strategies-and-forecasts-2303

3 http://9to5google.com/2016/04/21/microsoft-image-inline-translation-translator-hub-keyboard/

4 https://theopenmic.co/translators-vs-machines/

5 http://montrealgazette.com/opinion/columnists/watchwords-translation-software-can-yield-laughable-results

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by Isabelle P. on Blank Business Name
Des livraisons dans les temps

Ils délivrent même des commandes volumineuses à l’heure, sans aucun souci ! C’est vraiment bien car j’ai déjà eu quelques déconvenues avec d’autres compagnies.

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Stan

2 Comments

Le vieux Gustave

Sur ce problème des traductions automatiques je constate qu’il y a un point dont, curieusement, on ne parle jamais : celui des fautes d’orthographe ; on raisonne toujours en partant du principe que la machine devra travailler à partir d’un texte parfaitement correct. Or c’est loin d’être toujours le cas, et cela le sera peut-être de moins en moins. Mais je vais prendre un exemple manifeste. Dans un article écrit par monsieur Roland Raoul KOUASSI, Professeur agrégé et Chercheur en Linguistique et en Communication à l’Université Félix Houphouet-Boigny d’Abidjan-Cocody (http://www.ltml.ci/files/articles4/article_traduction_automatique.pdf), « La problématique de la traduction automatique », je trouve la phrase :
« Les logiciels de traduction automatique pratique de plus en plus des méthodes d’intégration de différents paradigmes pour l’efficacité des résultats » ; la faute est bénigne et elle est de celles que le lecteur francophone corrige instinctivement et parfois ne remarque pas car nous en commettons tous de semblables. Mais un brave logiciel est alors complètement dépassé. deepL dont on chante les louanges en y voyant le Babelfish enfin arrivé essaie de vous dire :
« Practical machine translation software increasingly practical methods of integrating different paradigms for the efficiency of results » et je ne sais pas si un anglophone y comprendra quelque chose. Corrigez « pratique » en « pratiquent » et vous obtenez :
« Machine translation software is increasingly applying methods of integrating different paradigms for efficient results », un résultat bien différent mais il avait fallu une intervention humaine.

Le vieux Gustave

Ce qui m’étonne dans tous ces articles sur la traduction automatique, c’est que presque toujours on passe sous silence un problème capital : celui de la langue-pont. Il est évident qu’un service prétendant traduire de toutes les langues dans toutes les autres se heurterait à un problème insurmontable : le nombre de logiciels à concevoir. Non seulement il faudrait, entre autres, un système traduisant du portugais au néerlandais et réciproquement, mais encore de l’amharique en frison occidental etc. On peut travailler dans cette direction mais alors, comme disait Berryer, « s’il y a quelque chance, elle n’est plus à vue d’homme ; elle est à un horizon inconnu ». C’est pourquoi Systran aussi bien que DeepL emploient le système de la langue-pont : tout est d’abord traduit en anglais avant d’être retraduit dans des idiomes bizarres utilisés, selon l’expression d’une brave Américaine, par des gens « qui ne peuvent pas parler anglais comme tout le monde.
Le résultat, c’est ce que j’ai vu ce matin dans « Zeit on line ». On annonçait « Deutsche im Irak wegen IS-Mitgliedschaft zum Tode verurteilt » ; évidemment cela peut avoir deux sens : « Une Allemande condamnée à mort en Irak pour appartenance à l’E.I. » ou bien « Des Allemands condamnés à mort en Irak pour appartenance à l’E.I. » mais ce n’est pas une situation exceptionnelle : si je lis « Plus d’impôts » cela peut signifier une suppression d’impôts ou un alourdissement, dans un cas pareil cependant l’esprit du lecteur réserve son opinion et attend la suite. Seulement la traduction automatique en anglais est bien obligée de se décider tout de suite et choisit malheureusement la mauvaise solution : « Germans in Iraq sentenced to death for IS membership »… et par là elle contamine toutes les autres langues dans lesquelles on traduit le texte ; nous aurons droit dans notre langue à : « Allemands en Irak condamnés à mort pour appartenance à l’EI », ce qui est à la fois mal dit et faux.
Aux erreurs de l’allemand à l’anglais vont s’ajouter les erreurs de l’anglais au français puisque « Ein Gericht in Bagdad hat eine deutsche Staatsbürgerin zum Tod durch Erhängen verurteilt » (« Un tribunal de Bagdad a condamné à mort par pendaison une citoyenne allemande ») est rendu d’abord par « A court in Baghdad has sentenced a German citizen to death by hanging » avec le mot « citizen » qui est aussi bien masculin que féminin. On peut supposer que le logiciel, en bon élève, a bien mis dans ses neurones que ce sont surtout les hommes qui sont condamnés à mort et nous auront en français : « Un tribunal de Bagdad a condamné un citoyen allemand à mort par pendaison ». Manque de chance (et de galanterie) : c’était une citoyenne.

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